
Binche fait partie de la région du Centre. L’extraction de la houille débutée en 1857 s’y arrête en 1969 suivie par le déclin de la sidérurgie. La plupart de ceux qui participèrent à cette industrie sont aujourd’hui morts d’anthracosilicose. Le marasme économique qui a bercé leurs descendants explique, par le tabagisme, l’éthylisme, l’obésité due à l’alimentation bon marché, que les affections cardiovasculaires fleurissent. De ce passé ouvrier, la solidarité demeure très forte, entre autres entre les malades et les médecins de famille.
A la mort prématurée de son mari, Marie de Hongrie s’est vue confier la gouvernance des Pays-Bas par son frère, Charles-Quint (de 1531 à 1555). Au XIIème siècle, les comtes du Hainaut avaient ceint la ville de fortifications dont une bonne partie persiste. Marie a fait construire un magnifique château à la place du leur, au sommet de la colline, au côté de la collégiale (détruit depuis par les français). Les fêtes qu’elle y organisa en l’honneur de son frère et de son neveu (1549) seraient à l’origine de l’actuel Carnaval. La diversité et la richesse de l’empire y étaient évoquées.


Pour être Gilles à Binche, il faut y être né. Il n’est pas permis de s’exhiber en dehors de sa ville (ni en dehors du Mardi gras). L’industrie drapière, la dentelle, a fait la renommée de Binche jusqu’au XVIIIème. Les binchois aujourd’hui (comme dans bien d’autres contrées) se serrent la ceinture toute l’année pour paraître magnifiques trois jours. Ils se reçoivent alors aux huitres et au champagne, se font accompagner par un tambour. Leur rituel est particulièrement riche en symboles. La famille des Habsbourg continue à manifester son attachement à la ville en adoubant chevalier ceux qui ont contribué à son rayonnement.

