Véronique Delvenne

Le Professeur Véronique Delvenne est diplômée Docteur en médecine, chirurgie et accouchements en 1985 à l’ULB. Elle se spécialise en Psychiatrie puis Pédopsychiatrie et obtient son diplôme d’Etudes Spécialisées en Psychiatrie en 1990.

Après un séjour scientifique et clinique dans le service de psychiatrie de l’adolescent et du jeune adulte du Pr. P. Jeammet à l’Hôpital International, Université Paris V elle obtient un mandat de Collaboratrice Scientifique au FRSM et 3 crédits au chercheurs au FNRS. Cela lui permet de conduire des études en imagerie au Pet-scan et elle défend, en 1996, une de thèse d’agrégation dont le titre est « Le métabolisme cérébral du glucose dans les troubles des conduites alimentaires ». 

Elle sera nommée Chargée de cours en faculté des Sciences Psychologies en 2000 poru le cours « Psychopathologie de l’Enfant et de l’Adolescent » puis Professeur de « Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent » en faculté de médecine à l’ULB en 2008. 

Elle créera et dirigera pendant 10 ans l’unité d’adolescents et la clinique de psychiatrie de liaison infanto-juvénile du service de psychiatrie de l’Hôpital Erasme . Depuis 2011, elle est à la tête du Service de Pédopsychiatrie de l’HUDERF et depuis juin 2022 Directrice du Service de Psychiatrie du bébé, de l’enfant, de l’adolescent et du jeune Adulte du H.U.B.

Voici comment elle analyse son expression picturale.

Les corps ont leur mémoire. Des traces sensorielles — des enregistrements anciens, enfouis — se réactivent soudainement des décennies plus tard. C’est ainsi que tout a commencé : les encres de la Biennale de Venise, sensuelles et profondes, ont réveillé quelque chose qui sommeillait depuis l’adolescence. Depuis Dubuffet. Depuis une façon de regarder le monde que la médecine avait mise en veilleuse. Puis la mort du père. D’elle, elle hérite du rapport à la technique — comment les choses fonctionnent, le plaisir de faire de l’intérieur. En réponse, presque immédiatement, elle commence à fabriquer ses propres plâtres. Carbonate, talc, silice. Des surfaces qui ne s’achètent pas. Méthodique et pressée à la fois. Quand une toile échoue, elle la recouvre et recommence dessus. Rien n’est perdu.

 L’encre fonctionne différemment — elle pénètre, s’étale, ou au contraire se détache et brille. Ici, la maîtrise lâche prise. Le médium a sa propre logique.

 Entre les deux : la même obsession de la trace. Ce qui reste d’un geste, d’une émotion vécue. Et dans cette recherche, le vivant s’impose de lui-même — des organismes, les fonds marins, des arbres, des volées d’oiseaux émergent de la matière sans avoir été convoqués.

 Le corps sait avant la main. La main sait avant l’œil.